PATRICK VILALLONGUE : Artiste Peintre, Photographiste, Designer
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Catalogue : Fusain / Mine de plomb

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"Être"

« Les enfants perdus »

« Fin de matinée à l’entrée du grand hall,
Il entre en conquérant, roule un peu des épaules,
Il s’arrête au milieu, fixe la caméra,
Et d’un sourire narquois, il nous dit « je suis là » !
Puis d’un grand coup de pied, capuche sur la tête,
Il ouvre avec fracas la porte des toilettes…
Un cou d’œil lui suffit, trop tôt pour les copains,
Plus la peine de frimer, c’est comme ça chaque matin !
Il s’étale sur un banc, regarde autour de lui
Et fixe les passants dont les regards le fuient !
Il fait peur, c’est certain, c’est du moins ce qu’il croit,
Du haut de ses 16 ans, il se prend pour un roi,
Un caïd, un cador, une terreur que l’on craint
Et qu’on n’attrapera pas, c’est lui le plus malin…
C’est ce que disent ses yeux, son sourire provocant,
Au milieu du grand hall….il règne sur son banc !
Et puis il se détend, son visage s’adoucit,
Il se penche en avant, fixe un point devant lui,
Un horizon lointain, les cauchemars de ses nuits,
Du hall il oublie, et le froid et le bruit !
Où l’emmènent ses pensées ? vers quels rêves d’enfants ?
Se revoit-il petit auprès de ses parents ?
Repense t-il à l’école, aux récrés, aux copains,
Aux sapins de Noël ou à son petit chien ?
Car il fut un enfant, un fils ou même un frère
Avant d’aller errer sur les routes de l’Enfer !
Mais peut-être n’a-t-il, jamais eu cette chance,
Pas de rêves, de chaleur, de rire ou d’innocence ?
…L’arrivée de la horde le ramène au présent,
Il s’étire comme un chat, se lève de son banc.
Salutations d’usage, un peu comme un rituel,
Des mots connus d’eux seuls, des gestes habituels.
Puis commencent les chahuts, insultes, provocations.
Ils cherchent la bagarre et la confrontation.
Ils dégradent et ils cassent et signent leurs forfaits
D’un graffiti rageur, d’un crachat, d’un grand trait !
Comme les fauves et les loups, l’effet de meute agit,
Ils rackettent, ils bousculent, jamais pris, impunis…
Ils défient toutes les règles, poussent le volume à fond,
Unis sous la bannière d’un nouveau peuple sans nom !
Puis arrivent les filles déployant leurs jeunes charmes,
Petites filles pas modèles qui se déguisent en femmes !
Et les fauves tout à coup, en coqs se transforment
Perchés sur leurs ergots, ils croient faire comme des hommes !
Ils se cherchent, se provoquent, comme des paons se pavanent
Se battent même parfois pour le cœur de ces dames…
Et les belles sans orgueil, sans fierté, sans pudeur
Se soumettent sans mot dire au regard des vainqueurs !!!
Provocantes quand elles entrent, pour leur âge, trop sensuelles,
Face au manque de respect, pas une ne se rebelle !
Même les plus farouches, grossières ou insolentes
Acceptent les remarques, les insultes cinglantes !
Mais qui sont ces enfants errant là à toute heure ?
Qui les garde captifs de cette vie de rancœur ?
N’y a-t-il donc personne qui s’inquiète pour eux ?
Personne pour les guider, pour leur ouvrir les yeux ?
Comme les enfants perdus d’un nouveau Peter Pan,
Ont-ils peur de grandir ? Veulent-ils rester enfants ?
Ou comme le gentil cancre que nous contait Prévert,
Suffirait-il d’un geste pour voir leur cœur ouvert ?
Ils ont mille visages, mais n’ont qu’un seul regard,
Celui de la défiance, d’une haine barbare,
Et de la peur aussi, quand seuls sur un banc,
Ils cherchent sans trouver, un avenir, un printemps…
Ne vous y trompez pas, pas la peine de chercher,
Car ils sont NOS enfants, nous les avons créés !
Quoiqu’on dise, nous sommes tous, responsables et coupables
D’avoir laissé le monde entre les mains des Diables !
Nous voulions toujours plus, facilités, confort,
Nous voulions vivre bien sans faire le moindre effort,
Nous voulions nous offrir, le monde et ses douceurs
Et nous avons perdu nos richesses, nos valeurs !
Qu’avons-nous aujourd’hui à transmettre aux enfants,
Qu’une Terre perdue, des souvenirs chantant ?
Et si nous n’voulons pas qu’ils soient nos pires cauchemars,
Il est temps d’réagir, d’entrer dans la bagarre
Pour offrir un destin à toute une jeunesse
Qui ne croit plus en rien, surtout pas aux promesses !
Car si nous n’faisons rien, d’autres prendront la place,
Et avec des slogans, de l’or ou des menaces
Conduiront ces enfants vers une vie incertaine
Faite de chaînes et de mort, de violence et de haine.»

16 février 2015

Avec les mots de :
Katy....(lien vers Twitter)


Catalogue : "Fusain / Mine de plomb"
Ref. : 489

Format max :
20 x 30


Origine de l'image : Croquis et Fusains



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